COMMENT GERER LES REPAS DE FETE?

repas-de-fete.pngBIEN GERER LES FETES ET LEURS EXCES

Si les fêtes de fin d’année célèbrent les retrouvailles familiales autour des plaisirs de la table, elles peuvent aussi raviver des conflits ou malmener notre système digestif. Les conseils d’ experts pour bien gérer – et digérer – cette période.

BIEN GERER UN REPAS… COPIEUX
Nausées, migraines, douleurs abdominales… ce sont quelques-uns des symptômes pouvant succéder à un repas trop copieux auquel l’organisme n’est pas habitué.

Trop de volume et de graisses : une digestion difficile
« Le contraste est grand entre un repas habituel, aujourd’hui limité à un ou deux plats, et un repas festif, remarque le Dr Hervé Robert*, médecin nutritionniste. Ce dernier peut compter jusqu’à cinq ou six plats entre les huîtres, le foie gras, la dinde, les fromages, la bûche et le ballotin de chocolats. » L’estomac, confronté à l’arrivée massive de victuailles, en assure plus difficilement la prédigestion. Les aliments y séjourneront plus longtemps, induisant une sensation de pesanteur pouvant s’accompagner de reflux acides.

Une “vidange” gastrique d’autant plus laborieuse que les aliments sont riches en graisses. Quand ceux-ci quitteront enfin l’estomac, c’est la vésicule biliaire qui ralentira la progression du bol alimentaire : elle devra libérer, non sans peine, suffisamment de bile pour digérer les graisses. A la clé : spasmes intestinaux, nausées, maux de tête… « L’association gras, sucres et alcool renforce ce phénomène, précise le Dr Odile Labrousse, médecin généraliste et nutritionniste, l’abus d’alcool pouvant à lui seul induire une mauvaise digestion. »

La bonne attitude ?
« La digestion commence dans la bouche, rappelle Brigitte Coudray, diététicienne auprès du « Cerin » (Centre de recherche et d’information nutritionnelles).
Une bonne mastication facilite le travail de l’estomac.
Ensuite, pour limiter le remplissage gastrique, il faut manger de tout, mais en petites portions, en se gardant de trop boire en mangeant. »
Ne pas oublier non plus de faire des pauses entre les plats.
Dans l’assiette, on réduira l’apport en graisses saturées (viandes grasses – mouton, agneau, porc – , fritures, pâtisseries industrielles, charcuterie, sauces…) pour privilégier les aliments sources de “bons” nutriments et de “bonnes” graisses (huîtres, oie, volaille, foie gras…).
L’astuce ? Répartir l’équilibre alimentaire sur l’ensemble du repas, en préparant par exemple une viande maigre si l’entrée est très calorique.
Et pour ne pas ralentir encore la digestion, « il faut s’abstenir de s’allonger dans les quelques heures qui suivent le repas, conseille la diététicienne, ou s’étendre en veillant à ce que le haut du corps reste à la verticale. »

Et les jours suivants ?
Pas d’inquiétude, les écarts alimentaires occasionnels, chez une personne bien portante, n’entameront ni sa santé ni sa silhouette. A condition de recadrer au besoin ses menus pendant une huitaine de jours, en privilégiant les légumes, les poissons et les viandes maigres. Mais il suffit généralement de s’écouter pour réguler spontanément son alimentation.

Pour certaines pathologies, des précautions alimentaires
– Les diabétiques, qui doivent veiller à l’équilibre de leur glycémie, devront éviter ou modérer (en fonction du type de diabète et sur avis médical) leur consommation d’alcool, de sucres et de graisses saturées. Un diabétique traité à l’insuline pourra compenser un excès de table ponctuel en adaptant son traitement avec son médecin.
– Les hypertendus, les insuffisants cardiaques, les insuffisants rénaux ou les personnes sous traitement à la cortisone, devront, en fonction de leur pathologie, s’interdire ou modérer leur consommation d’aliments salés : eau pétillante, apéritifs, huîtres, charcuterie, fromages, pâtisseries industrielles…
– Les personnes sujettes à des allergies alimentaires s’abstiendront bien sûr des aliments allergènes. Il leur est conseillé d’avoir à domicile une “trousse d’urgence” prescrite par le médecin contenant de l’adrénaline injectable et des médicaments (corticoïde, antihistaminique et broncho-dilatateur).

BIEN GERER UN REPAS… ARROSE
L’alcool : des effets rapides et tenaces
« L’alcool passe rapidement dans le sang, souligne Brigitte Coudray, diététicienne auprès du Cerin (Centre de recherche et d’information nutritionnelles), surtout lorsque l’on est à jeun, comme au moment de l’apéritif. »
A savoir : le sucre et les boissons gazeuses accélèrent l’imprégnation alcoolique.
En revanche, il faut du temps pour éliminer l’alcool de l’organisme : en moyenne 0,10 à 0,15 g par litre de sang et par heure, sachant qu’un verre de vin fait monter le taux d’alcoolémie à 0, 25 g par litre de sang (à moduler selon son sexe, sa corpulence, son âge).

Après un repas festif et arrosé, plusieurs heures sont donc nécessaires pour retrouver un taux d’alcoolémie normal (inférieur à 0,5 g par litre de sang ou 0,25 mg par litre d’air expiré) permettant, entre autres, de reprendre sa voiture… Exemple : pour une personne qui élimine 0,1 g par heure, six heures seront nécessaires pour résorber une alcoolémie de 0,6 g par litre de sang. Par ailleurs, l’alcool peut, chez certaines personnes, générer des migraines. Sur la sellette ? Les sulfites, des conservateurs soufrés surtout présents dans les vins blancs, et les amines biogènes (tyramine, histamine…), des molécules produites au cours de la vinification.

La bonne attitude ?
– A l’heure de l’apéritif, pour éviter une ébriété rapide et des fonctions cérébrales altérées, mieux vaut ne pas faire l’impasse sur les amuse-gueules.
– Tout au long du repas, veiller à boire beaucoup d’eau. « La surconsommation d’alcool pendant un repas est souvent liée à la soif… que l’on étanche volontiers avec des vins ! » explique le Dr Odile Labrousse, médecin généraliste et nutritionniste.
– Attention aussi aux mélanges alcoolisés, pas toujours bien tolérés sur le plan digestif. « L’alcool ne favorise pas la digestion et ne dissout pas les graisses, prévient le Dr Hervé Robert*. Le trou normand, à ce titre, est fantaisiste ! »

*Auteur de “Réponses à 100 questions sur les régimes”, éd. Pocket, 2005.

Sous traitement médicamenteux, prudence !!

Si vous êtes notamment sous tranquillisants, sous antibiotiques, sous anti-inflammatoires, sous antihistaminiques…, vous devez demander à votre médecin traitant si la prise d’alcool, même modérée, est envisageable. Pensez aussi à consulter la notice d’utilisation du médicament. Attention aux antidépresseurs et aux anxiolytiques dont l’alcool potentialise les effets (léthargie importante) ou risque de générer des effets paradoxaux (excitation, idées suicidaires…).


BIEN GERER UN REPAS… FAMILIAL

Des contentieux qui refont surface !
Malgré l’enthousiasme que les réunions de famille suscitent le plus souvent, ces dernières peuvent parfois laisser un goût amer.
« Tous les contentieux anciens s’invitent aussi à la fête, développe Nicole Prieur*, philosophe et psychothérapeute pour enfants et adolescents, et les comptes familiaux, rarement réglés, resurgissent à cette occasion. Or il y a peu de chances pour que ces contentieux se dénouent à l’occasion du réveillon. »
Autre motif éventuel de contrariété : le regard que la famille porte sur nous qui, bien souvent, nous “fige” à un moment passé de notre histoire, alors que nous avons changé. Parce que ce regard diffère de celui de notre entourage (amis, compagnon, collègues…), il peut être déstabilisant.

La solution ?
Mettre de la distance avec le passé et les réalités familiales, en renonçant, une fois pour toutes, à vouloir les transformer. On finit ainsi par ne plus en vouloir à sa famille, et c’est là que les choses peuvent évoluer.

Le goût de l’enfance et l’importance des rituels
Mais les réunions de Noël sont aussi une source de plaisir. Outre la joie des retrouvailles, des complicités nouvelles (avec les conjoints, les enfants…) peuvent se nouer. « Mais surtout, souligne Nicole Prieur, ces rassemblements nous renvoient aux bons côtés (festif, féerique, magique) de l’enfance, nous permettant une très belle régression. »
Quant aux rituels qui les jalonnent (autour de la table, du sapin, de la distribution des cadeaux), ils construisent la mémoire de la famille et renforcent le sentiment d’appartenance.
« Dans un contexte sociétal de familles recomposées, ces rituels créent une continuité dans l’histoire familiale, quand les événements ont plutôt fait vivre des ruptures. » Des “rituels-repères” qui se transmettent de génération en génération.

La bonne attitude ?
« Pour mieux vivre les fêtes de fin d’année, il faut savoir recevoir, au sens large du terme, affirme Nicole Prieur.
Qu’il s’agisse des cadeaux, parfois plus compliqués à recevoir qu’à donner ou des valeurs, importantes pour soi, qui nous ont été transmises. »

L’idée ?
Relire son histoire en s’attachant à ce que l’on a reçu, plutôt qu’à ce qui a fait défaut.
Quant aux personnalités “difficiles” qui ne manquent pas de réveiller les vieux litiges, « on les intégrera, avec humour, aux rituels familiaux, conseille la philosophe. “A Noël, on mange de la dinde et, au dessert, on a droit à la réflexion de Tonton !”

L’essentiel : prendre du plaisir à ces réunions, ou s’octroyer une pause.

Vous jugez cette année que la priorité se situe du côté de votre couple, que vous avez besoin de prendre une distance physique avec votre famille ? Autorisez-vous alors à partir en vacances avec votre conjoint et vos enfants. Vous rejoindrez la fratrie et les parents avec plus de plaisir encore l’année suivante.

* Auteur de “Raconte-moi d’où je viens”, éd. Bayard, 2007.

SOURCE : Lise Bouilly
http://www.santemagazine.fr/

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