LA MANUFACTURE DES TABACS, à Nice

Son existence est connue à Nice depuis la Restauration sarde ; les ateliers se trouvaient à l’origine rue Saint-François de Paule puis, devant l’augmentation de la production, le projet d’une implantation dans le quartier de Riquier fut décidé par le Conseil municipal, mais la guerre avec l’Autriche et le rattachement du Comté à la France retardèrent cette implantation. C’est donc véritablement sous l’administration française que se développa cette activité qui compta jusqu’à plusieurs centaines de salariées (810 en 1893, 686 en 1907, 425 en 1938 et approximativement le même nombre en 1958).

La mécanisation, progressivement introduite dans une manufacture qui au début et à la fin de la période produisit plutôt des petits cigares permit une considérable augmentation de la production : de 200 tonnes de tabacs nécessaires à ses débuts pour la fabrication de cigares ordinaires, soit l’ensemble de la production, elle arrive à produire, en 1937, 875 tonnes de cigares, 459 millions de cigarettes et plus de 15 millions de cigarillos.

La cigarière, personnage emblématique des milieux populaires niçois travaillait dans le seul lieu où se trouvait une telle concentration de main-d’œuvre féminine et sa verve était particulièrement redoutée comme le souligne le dicton « vou maï vint an de presoun qu’una cigalusa en maïoun » (« il vaut mieux vingt ans de prison qu’une cigarière à la maison »). Victime de la concentration des activités de la production de cigares et de cigarettes, la Manufacture finit par fermer ses portes en 1979

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